EVALUATION ETAPE DU TOUR MONDOVELO 2009

Publié le par eric Le Monde des cyclosportives



PAR DIDIER DE L'EQUIPE 
ÉVAL'CYCLO



 

Devenue, 16 ans après son lancement, l’épreuve incontournable de l’été pour qui veut comparer ses performances, à celles de l’élite professionnelle, cette cyclosportive attire d’année en année toujours plus de candidat. Record battu pour cette édition 2009, avec près de 9 500 cyclosportifs ayant décroché leur sésame, très convoité (tirage au sort oblige), pour participer, comme leur idole, à cette très médiatique cyclosportive.


Il faut dire que les moyens mis en place sont à la hauteur de l’évènement puisque toute la logistique et la sécurité sont celles de l’organisation du tour de France. En effet, profitant de la journée de repos « des professionnels de la pédale », toute la patrouille de gendarmerie, suivant habituellement le Tour de France durant le mois de juillet, reste mobilisée pour ouvrir la route et assurer la sécurité des amateurs de bicyclettes que nous sommes.

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                                                                         Paysages de la Drôme Provençale

 

C’est donc sur les routes Drômoises et Vauclusiennes, entièrement privatisées pour l’occasion ; ce qui permet d’appréhender quelque peu les conditions de course des coureurs de la Grande Boucle, que les 172 kilomètres séparant Montélimar du sommet du Mont Ventoux se sont déroulés pour cette 17ème édition de l’étape du Tour.

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Passage dans le Vaucluse



Un seul parcours pour cette plus grande cyclosportive d’Europe organisée sur routes fermées et 3 600 mètres de dénivelés positifs.


profil2009
 

L’engouement et la motivation de tous semblaient encore plus fort cette année, du fait que le parcours proposé et que nous avons eu l’honneur d’emprunter cinq jours avant les pros, ne constituait pas moins que l’étape reine pressentie pour sceller le sort du Tour de France 2009, à la veille de son dénouement final sur les champs-Elysées.

Lundi 20 juillet 2009, dès 5 heures du matin, les rues de Montélimar s’emplissent d’un flot continu de coureurs célèbres (Alain Prost, Paul Belmondo, Antoine Dénériaz, Erik Zabel, Laurent Brochard, Chris Boardman, Cédric Vasseur, Dimitri champion « de France »…) et anonymes. C’est une véritable marée humaine qui déferle dans les allées compartimentées de la « cité du nougat », dans l’attente du coup d’envoi officiel, donné dès 7h00 pour ceux qui ont la chance d’être dans les premiers sas proches de la ligne de départ.


Départ+ED..La ligne de départ


 

Au menu voici les principales difficultés :

  • Départ de Montélimar (120 m).

  • Dès le kilomètre 17, la Côte de Citelle (428 m) et le col de Serre Colon 5,2 km à 3,9 % de moyenne, une formalité et un bon échauffement pour rentrer dans le vif du sujet.

  • Ensuite viens le Col d’Ey (716 m), 6,3 km à 5% au kilomètre 69, court mais déjà un peu plus dur. 

    Col d'EY
      Passage du Col d'Ey

  • Puis le Col de Fontaube (695 m), 4,7 km à 4,3 % au kilomètre 90 où il faut gérer et en garder pour le plat de résistance.

7602741Didier entre 2 cols

 
  • C’est au tour de Col de Notre dame des Abeilles (996 m), 7,8 km à 4 % au kilomètre 125 de présenter ses 2 ou 3 rampes successives assassines. Cette grande route départementale (D1), bien tracée avec de grandes lignes droites, ne semble pas trop difficile d’apparence, du moins visuellement. Pourtant vers midi le soleil tape fort et les premiers signes de fatigue commencent doucement à se faire sentir. Un long défilé de cycliste s’étire au loin et il ne faut pas se laisser emballer par les quelques nerveux qui reviennent de l’arrière à grande vitesse.

    Col de Notre Dame des AbeillesCol de Notre Dame des Abeilles 2
    Les fameuses rampes du Col de Notre Dame des Abeilles



     . Enfin, le juge de paix, le Mont Ventoux (1912 m) par Bédoin, 21,2 km à 7,6 % de moyenne avec des portions à fort pourcentage (12 %). L’ascension s’annonce difficile, mon compteur indique plus de 39°c au virage de St Estève, là ou commence vraiment les hostilités, à environ 16 km du sommet. Dans la montée, il y en a de partout (à l’arrêt, au ralenti, assis par terre dans la forêt, à pied les chaussures à la main…), c’est une vrai boucherie.
    Sur la route, à 13h00, le soleil est au zénith et il n’y a aucune zone d’ombre, tant à gauche qu’à droite, pour s’abriter quelques secondes de l’intensité des rayons solaires. Pour beaucoup, c’est un véritable chemin de croix.
    À partir du chalet Reynard, plus que 6 derniers kilomètres, la ligne d’arrivée se rapproche, coup de pédale après coup de pédale, pour les quelques 7 396 courageux concurrents qui la franchiront.

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    Peu après la sortie de Bedoin


    Ventoux 10 %Juste apr..
    Les choses sérieuses commencent juste après le virage de Ste Estève

    Ventoux+à..
    Au plus fort de la pente

     Pente 11 %        7568973
    Le dernier km approche... Didier en souffrance dans le final
        


    Désolatio..

 Enfin la flamme rouge... mais pour certains, l'arrivée est encore loin...


Arrivée+1..
Le Final

 

2 énormes points de ravitaillement complet sont proposés à Buis les Baronnies (km 76,5) et à Bédoin (km 148,6) et 2 point d’eau à Sault (km 113) et Chalet Reynard (km 164).
Pris d’assaut par les nombreux participants leurs accès restent difficiles. Etendu sur au moins 150 m chacun, certaines zones sont dépassées par les évènements et manquent cruellement de denrées.
Les bénévoles n’ont pas le temps ou ont des difficultés à se frayer un chemin pour accéder aux semi-remorques où sont entreposées les victuailles. Si bien que c’est un peu la loterie suivant la zone où l’on se présente. Si l’on veut réellement se ravitailler il faut compter perdre pas loin de 20 à 30 minutes au total à chaque fois.


9et50dm178Chalet Reynard 2
Le ravito à Bedoin et le point d'eau à Chalet Reynard


 

La rançon du succès est que le prix d’inscription est relativement cher, 70 €. La prestation reste cependant correcte, même se l’on sent bien que le gigantisme de l’évènement est lourd à gérer malgré de gros efforts déployés.


L’aire d’arrivée située au Mont Serein est sympa et néanmoins plus fluide. Pas trop d’attente pour le repas. La consigne à vélo est bien organisée.



Mont SereinAire d'accueil du Mont Serein

 

Le cadeau d’accueil est constitué par un magnifique tee short Nike (dommage, il ne restait que des grandes tailles) et un superbe sac à dos.

Point forts :

  • Routes entièrement privatisées

  • Sécurité au top

  • Parcours identique à celui des professionnels du Tour de France

  • Bonne organisation tout de même malgré l’affluence

Points faibles :

  • Prix élevé

  • 9 500 participants et leurs accompagnants. C’est la rançon d’un évènement à succès hautement médiatisé et de ses contraintes avec notamment un peloton cycliste important (mais je ne veux pas cracher dans la soupe et je suis bien content d’avoir été tiré au sort pour participer au moins une fois) – à éviter pour ceux qui préfèrent les organisations à taille humaine -

  • de très gros écarts de niveau entre les participants, plus marqué qu’ailleurs, qui font qu’il est parfois difficile voire même dangereux de circuler ensemble. Heureusement que la chaussée est fermée à la circulation routière (je crois que pour 2010, l’ordre d’attribution des dossards s’effectuera sur justificatif selon des critères de niveau sportif, ce qui devrait tendre à lisser cette difficulté : les meilleurs et les plus entraînés partiront devant les cyclos ne roulant qu’occasionnellement).

Note de Didier : 4/5

En conclusion, c’est une cyclosportive à faire au moins une fois dans sa vie pour le côté grandiose et le privilège de rouler sur un long parcours intégralement privatisé. L’organisateur s’en sort malgré tout assez bien compte tenu de l’addition de toutes les contraintes liées à une épreuve de masse.

Ma course

Sortant d’une période de convalescence de 4 semaines, consécutive à une chute sur l’Ardéchoise m’ayant coûté une clavicule ainsi que de nombreux hématomes et traumatismes musculaires divers, c’est avec prudence que j’aborde cette épreuve qui coïncide, à quelques jours près, à ma reprise du vélo.


L’objectif est donc clair pour moi qui suis en déficit de kilomètres : finir l’épreuve dans de bonnes conditions après 28 jours d’abstinence cycliste. En effet, plus question de faire un temps. Je dois avant tout gérer mon parcours pour pouvoir aller au bout sans trop souffrir.


Nous sommes 4 du club AGSE à participer : Vincent, Hervé, Thierry et Didier. Mes 3 compères ont la chance d’avoir un dossard en 1 000 et sont donc bien placés sur « la grille de départ ». Par ailleurs, ils pourront rouler ensemble, quasiment jusqu’au pied du Géant de provence.


L’attribution du dossard 8772, associée à mon arrivée tardive sur l’aire de départ fait que je suis placé au fin fond du dernier sas. Je prends donc le départ réel environ une quarantaine de minutes après les premiers.


Tout au long du parcours, bien que remontant la longue file des quelques 9 000 concurrents partis devant moi, je suis obligé de me raisonner et de penser que la route est encore longue. Ce n’est surtout pas le moment d’être euphorique et de se laisser emballer par la satisfaction de rouler à gauche et de sans cesse doubler. Je ronge donc mon frein pour limiter mon allure et m’imposer un rythme régulier. Les cols s’enchaînent donc sans grande difficulté vue ma gestion prudente de course. Cependant, je ressens un premier coup de fatigue dans les rampes du col de Notre dame des Abeilles. Je m’alimente, je bois. Dernier ravitaillement à Bédoin, où je perds encore 20 minutes. Ce n’est pas grave, l’objectif est de finir.


Bien m’en a pris de gérer ma course prudemment car l’ascension du Ventoux s’avère être un vrai calvaire. Fatigue et chaleur associée font de cette montée interminable (1h58’) un chemin de croix. Je lutte contre moi-même (c’est la première fois que j’aborde cette difficulté dans de pareilles conditions) pour ne pas mettre pied à terre comme l’a déjà fait une multitude de cycliste. Dans les 3 derniers kilomètres, tout prêt de la stèle Tom Simpson, j’ai froid et je frisonne malgré la chaleur omniprésente (il fait 31°c au sommet). Je me dis que ce n’est pas bon du tout, mais j’y suis presque et je ne vais tout de même pas abandonner maintenant, si près du but. À force de volonté et d’abnégation, je parviens à rallier l’arrivée en 8h04 (temps officiel avec départ à 7h00) à la 2 632ème place au scratch. Peu importe j’y suis arrivé. C’est la seconde fois que je souffre autant sur une cyclo, après ma participation à la Marmotte de 2005.





MERCI A DIDIER POUR CETTE EVALUTATION, QUI ARRIVE UN PEU TARD... MAIS MIEUX VAUX TARD QUE JAMAIS !!!
SUPERBE ARTICLE ET BEAU RECIT DE TA COURSE !!!
ERIC

 

 


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D

N'ayant pas la main en direct sur le Blog, juste un petit message pour vous remercier de vos encouragements et commentaires !

Didier


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B

Bravo pour l'étape du Tour mais aussi pour tes reportages superbe qui donne énormément de motivation


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E

Excellent reporter ce Didier !
Merci pour vos commentaires.


C

j'avais fait la reconnaissance en mai de cette étape. Elle était magnifique... Je n'avais mis que 3 heures pour grimper le ventoux... lol...


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L

Un beau souvenir que cette EDT même si j'en ai chié comme jamais sur ce Ventoux qui m'est pourtant familier.
Finir dans la première moitié du classement pour une reprise est un excellent résultat ! Bravo pour ta course Didier.


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