MA SISTERONNE 1 : prudence et stratégie

Publié le par eric-cyclosportf

Enfin la chaleur, le beau temps.
Les températures hautes me réussissent en général, et pour ce week-end de l'ascension, nous étions gâtés.

J'avais loué  à Chateauneuf de Chabre, à 15 km au nord de Sisteron, au début des gorges de la Méouge. Mes parents, mon frère et sa copine, ma femme, ma fille et moi partagions une magnifique maison en pierre, très sympa.

Le jeudi et vendredi, visite de Sisteron, baignade dans la Méouge (enfin les jambes seulement, mon frangin lui à osé le plongeon dans une flotte à 15 ° environs...).

Les gorges de la Méouge



Sisteron et des falaises très impressionantes !



Puis le Vendredi soir c'était le moment de préparer monture et alimentation pour la course du samedi.

Mon frangin n'avais pas de dossard prio, donc nous avions élaborer une stratégie : je partais avec lui le mieux placé possible derrière les prio, on devait faire l'effort pour rejoindre Didier, parti devant mais qui encaisse mal les départs rapides. A trois, nous devions travailler le rythme endurance, sans se soucier du classement ni de la course en elle-même.

Mais en vélo, les stratégies sont très compliquées à appliquer sur le terrain...

Julien (mon frère) et moi sommes donc arrivés très tôt sur la ligne. Même trop tôt, il n'y a personne et le site de  départ n'est pas encore en place ! Il est 6 h 45, une heure avant le top, c'est bizarre...

On s'échauffe un peu en attendant puis ça y est, on peut se placer. Il y a une ou 2 rangées devant nous, puis le parc des prio.
30 min avant le départ, les organisateurs débloquent la séparation prio-non prio, c'est la panique, mais on s'approche de la ligne...

On patiente jusqu'à 7 h 50, heure du départ (7 h 30 était l'heure prévue, mais la veille aux inscriptions, on a appris le report de 20 minutes).

5,4,3,2,1, c'est parti !

Le traditionnel bruit des chaussures qui s'enclenchent sur les pédales, et en avant.
On se fraye un chemin au milieu des cyclos.

Au bout de 300 mètres on s'engage sur une petite route, que dis-je, un chemin goudronné... une pente sévère (> à 8 %). Beaucoup on déjà mis la plaque... erreur fatale ! slalom on passe, on passe, on ne passe plus... un gars, puis un autre et encore un autre tombent à terre... BOUCHON !!!

Je mets pied à terre, Julien aussi... horreur !!! Didier, lui, est passé.

C'est la panique, les gars sur le bitume, les autres prêts à leur marcher dessus... c'est la guerre !

Mais quelle idée de nous faire passer par ce chemin !
Et encore ce n'est rien !

Une fois redémarré, on continue de grimper sur quelques mètres, puis c'est la descente, sinueuse, truffée de trous, de cailloux, de graviers... très étroites... bref un des départs les plus dangereux que j'ai connu.

Quand enfin on arrive sur la route, la vrai, qui mène à Chateauneuf de Chabre (ou je loge !), on remarque que le peloton est à 300 mètres devant.

Tout de suite mon frère et moi, on se relaye pour tenter le regroupement.  2 Gars nous aident. Puis à 4 très vite on se rend compte qu'on traîne 100 cyclos. On tente d'organiser tout ça... en vain.

Dommage, nous ne reverrons jamais le peloton de tête. C'est rageant car les 50 premiers km sont sans difficulté, et on aurait été dans un fauteuil.

Ce ne fut pas le cas dans notre groupe d'une centaine de coureur. Au début des gorges, je prenais part au relais, nous étions pas plus de 5 à le faire, mon frangin ne cessait de me dire "fait gaffe, t'en fais trop, les gars font le petit circuit".
J'écoute son conseil au bout de quelques km. Je me dis qu'a cette allure, nous ne rejoindrons jamais Didier.

Et en effet, à la bifurcation, mon frangin avait vu juste, les 3/4 du peloton vire à gauche pour le petit circuit.
Nous nous retrouvons une petite vingtaine.
Devant nous un groupe de quarante cyclo. On fait l'effort, on les rattrape. Et qui dedans ???
Didier qui nous attend et qui digère son départ rapide !
Enfin on va pouvoir rouler ensemble.

On arrive à Séderon, sans aucune difficulté. Je trouve le temps long, je n'aime pas trop les cyclosportives de Parisien... (à prendre au second degré...).
Enfin la pente se durcie. Enfin on peut se libérer du peloton sans que des gars profitent des roues sans jamais participer...
Le col de Macuègne et de l'Homme Mort se font à bonne allure, pas trop rapide quand même car ce week-end, priorité à l'endurance.
Au sommet, notre groupe a un peu maigris, éclaté en plusieurs grappes de 3 à 5 cyclos...


Vue sur le Ventoux depuis le col de Macuègne. photo provenant du blog de Pascal S. "Montagnes" dont voici le lien http://montagnes.over-blog.fr/ 


Au loin, on voit bien le Ventoux, magnifique.

Mais malheureusement, les difficultés sont désormais derrière nous (en attendant la montagne de Lure). Et derrière nous ça revient fort... pour ratonner... En plus le vent se met dans la partie... et la chaleur arrive !
Didier, mon frère et moi prenons à nous 3 plus de la moitié des relais. quelques gars font le reste, et on traîne encore un vingtaine de fainéants.
Bon d'accord, c'est ça le cyclosport, c'est un effort solitaire avant tout... mais un petit coup de main de chacun, et nous serions allés plus vite sans que ce soit nettement plus dur.

Je dis "fainéant", parce que à chaque "butes" j'accélérai pour faire une sélection de mec qui roulent mieux et ensemble... et là, tout le monde avaient les jambes pour rouler fort... étonnant non ?

Bref, on accepte ou on se met à l'abris à son tour. Et c'est ce que j'ai fait 10 bornes avant le pied de la montagne de Lure.
L'allure c'est encore ralentie... mais comme le classement n'est pas la priorité du jour, j'en profite pour m'alimenter.

Au pied de "LA" bosse du jour, on s'arrête pour remplir les bidons.

La Montagne de Lure ressemble comme 2 gouttes d'eau au Ventoux voisin.



Et c'est parti pour 1 h 10 d'effort.

Nous nous étions dit Didier julien et moi, qu'à partir de là, c'était chacun son rythme.
Dès le pied, c'est Didier qui s'échappe, Julien croque encore dans la pomme qu'il a pris au ravito (mâcher une pomme à 90 % de sa fcm, ça c'est tout mon frère !!!). Ce dernier perd quelque mètres sur moi qui me retrouve au milieu.
Puis changement de rythme. Julien a digérer la pomme et hausse le ton. Là l'allure n'est plus endurance... j'affiche 183 à 185 bpm soit plus de 95 % de ma fcm... à bloc autrement dit !!!
je tiens 20 minutes à plus de 183 bpm puis j'abdique. Je prefere ralentir car je n'ai pas de bonnes sensations, un peu normal à cette allure et au bout de 3 h 30 de vélo.

Je fait redescendre le cardio, à 178 - 180, soit en résistance. Didier me rejoint, me passe, je ne changerai pas d'allure cette fois ci.

Tout à coup... panne sèche, plus de jus... je suis collé à la route. C'est au plus mauvais moment que je paie mon départ rapide de la montagne de Lure. Là où la pente est la plus sévère...
Je ne m'affole pas, il faut que l'orage passe.
10 bonnes minutes où je galère grave... et puis comme par miracle, alors que la pente ne c'est pas encore adoucie, je reprends des forces. Beaucoup de gars m'ont doublé, (beaucoup qui avaient profité de ma roue dans la plaine et qui me regardaient en ayant l'air de dire "merci p'tit jeune" ...
Et là, je repasse tout le monde. Je reviens à toute allure sur Didier.
Maintenant la pente c'est adoucie, je mets la plaque, passe plein de monde, c'est bon pour le moral !
Je rattrape Didier 1 km avant le sommet. Il a des crampes.
Je décide de basculer avec lui, car j'aurai besoin de lui dans la vallée menant à l'arrivée.

On bascule sur la descente, sinueuse, très technique, avec de nombreux obstacles sur la chaussée... Une route de montagne quoi !
Je fais une très bonne descente, Didier s'accroche. Dans la vallée, on se regroupe. Nous formons un peloton d'une dizaine de gars environs.
Les derniers km, je me permets de les faire à l'abris...
Le vent est de face, et j'ai les jambes bien cramées...
Un petit sprint ou je me fais bouffer, et voilà la première journée finie.

Sur le plan sportif (je ferai comme d'hab l'évaluation de l'organisation plus tard), j'ai regretté le manque de difficulté dans les premiers km, ou une sélection se serait faite, pour pouvoir rouler en plus petit groupe, avec des gars de son niveau. Je me suis fait un peu chier jusqu'à la Montagne de Lure. Mais quel paysage magnifique. Et la Montagne de Lure est une belle grimpée.

Côté chiffre, je met 5 h 02'59, Didier avec moi et mon frangin 4 h 59'35.
155 km (contre 142 prévu par l'organisation...)
2200 m de dénivelé
4800 kcal dépensées...

Publié dans Saison 2009

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Pascal S 28/05/2009 15:54

Bonjour Eric,

Bravo pour tes 2 cyclos de suite. J'y étais aussi et apparemment tu étais devant moi au début et je suis arrivé à te dépasser dans la deuxième moitié du parcours. (Je suis "diesel") J'ai bien roulé avec des stépanois à la première épreuve, et j'ai dépassé 2 ou 3 coureurs de l'avant garde stéphanoise juste après la bifurc du petit/grand parcours.
Pour ma part, j'ai un peu souffert de la chaleur, cependant c'est passé de justesse dans la terrible remontée du dernier col.
Ce we je file faire la Ventoux... et toi ? le Challenge du Dauphiné je suppose ?
A propos de la photo du Ventoux vu du col de Macuègne, j'ai vu que tu me l'avais empruntée... ( tu l'as trouvée sur google photo je suppose ?) c'est avec plaisir que je te donne l'autorisation de la publier sur ton blog, cependant il serait sympa que tu mettes un lien sur ou à côté de la photo vers le blog de son auteur.
Je te souhaite une excellente course ce we et peut-être à bientôt en réel ?
@+

eric-cyclosportf 28/05/2009 22:14


Salut Pascal,
Bravo pour ta perf.
En effet j'ai trouvé la photo sur google image... et j'ignorais de qui elle provenait.
En tout cas elle est magnifique, bravo ! et merci.
J'ai déjà mis ton (magnifique) blog en lien général dans la rubrique "les blogs sympas" depuis quelques semaines déjà... mais je vais mettre un lien supplémentaire à côté de la photo comme tu le
souhaites.
Je ne vais ni à la Ventoux ni au Challenge du Dauphiné. je vais faire du court et rythmé en restant chez moi.
A bientôt ! et bonne Ventoux
Eric